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Entete Conduisons nos vies

Paroles de motarde

Voici mon histoire de motarde....

Tout a commencé en 1969. J'ai 17 ans. En voiture avec mes parents sur l'autoroute A6. Quelques rares motos nous doublent. Et là, c'est comme une évidence. Je dis à mes parents : "Moi aussi un jour je conduirai une moto" ... "Jamais" ! me répondent-ils. Bon,je me tais et je n'en parle plus... Il faut dire que je faisais partie des jeunes filles dociles. Je commençais tout juste à travailler, sténo-dactylographe à Paris. Je donnais gentiment ma petite paye à mes parents. La majorité était à 21 ans. Donc pas mon mot à dire vraiment sur mes choix de vie.... Heureusement mes pensées, elles, m'appartiennent et elles galopent, elles s'envolent souvent sur des routes de campagne, elles sont éprises de liberté et toujours associées à l'envie d'être au guidon d'une moto.

1972, j'ai 20 ans, je suis amoureuse d'un jeune homme qui vient de s'inscrire au permis moto. Chose que je ne savais pas lorsque nous nous sommes rencontrés. Comme quoi il n'y a peut-être pas de hasard. Car cette rencontre a été déterminante dans ma vie. J'assiste quelques semaines après, à son passage de permis moto :Une petite rue à Saint Cloud. L'examinateur lui demande d'aller au bout de la rue en passant 3 vitesses, de faire demi-tour sans poser le pied par terre, et de revenir...Et Hop ! Le tour est joué, il a son permis! Ca fait rêver hein ? Printemps 1972 il achète pour 3 fois rien aux Domaines, une Ratier 750 cm3 (copie de la BMW R69S mais fabrication française des années 50). Printemps 1972, première tentative de pilotage pour moi au guidon de la Ratier dans les allées du Parc de St Cloud. Même pas peur, meme pas tombée ! Pour passer les vitesses c'était un monstrueux système de tringlerie.Il fallait lever le pied (enfin plutot la jambe entière) d'au moins 10 cm pour chaque vitesse. Mais que ça me plait ! J'ai le cafard de lui rendre le guidon et de monter derrière sur le tansad (et oui pas de selle double). Ete 1972: Nous partons en vacances en Bretagne : 500 kms par les petites routes, sans équipement, sans casque (il n'est devenu obligatoire que l'année suivante je crois). Un bonnet de laine, un foulard sur le nez et des climax sur les yeux. Un ciré marin sur le dos et ça fait l'affaire.... On roule toute la journée. Que du bonheur !

Je veux toujours passer mon permis moto mais je vis encore chez mes parents et je leur donne toujours ma paye. Suis quand même un peu coincée là... Un jour, j'espère ?

1972-1974 : Rencontre des copains motards : Alors là je suis fan : 750 Honda (4 pattes) - BSA - BMW - Fin 1974 je quitte mes parents, récupère mon salaire et m'installe avec mon amoureux à Antony. Je veux ma moto à moi mais j'ai pas le permis. Bon ben allons-y pour une 125 Honda SL Orange. Oh ! Comme je l'aime celle là. Mon chéri s'achète une 900 Guzzi, selle california. Le grand luxe !

1975-1978 : Les ballades presque tous les week-ends avec les copains, moi sur ma 125 et eux sur leurs grosses machines. Les vacances en moto, en passagère là, souvent en Bretagne... Je reconnais au bruit, sans les voir, presque toutes les motos : les petits claquements des Italiennes (Ducati, Laverda), le léger cliquetis des anglaises (Norton, BSA), le ronronnement particulier des BMW, et le très léger sifflement des japonnaises qui à l'époque sont presque exclusivement représentées par Honda. Très peu de Yamaha et Suzuki. Quelques Guzzi et Harley...

Printemps 1978 : Malgré les réticences de mon mari (on s'est mariés en 1977) qui pense que je n'ai pas besoin de passer mon permis moto puisque lui l'a (Ah Ah Ah !) et qu'en plus on va pas mettre d'argent là-dedans quand même ! Je m'inscris, en cachette de mon mari qui fait un déplacement de 6 mois, et en cachette de mes parents pour ne pas les inquiéter et pour ne pas qu'ils me dissuadent eux aussi. Je repasse le code que j'ai passé en 1974 pour la voiture mais qui n'était valable que 3 ans. Je suis la seule élève motarde de mon auto-école et de ma commune. Ce sont les premiers plateaux et pas les plus faciles. Le temps n'était pas chronométré mais il y avait bien plus d'épreuves de maniabilité, comme le passage de poutre, le gabarit, etc...

En juin 1978 je l'obtiens du premier coup. Trop heureuse. Je m'achète ma première grosse cylindrée (Honda 550 F2) en cachette aussi (très frustrant, mais peux pas faire autrement) et le week-end du 14 Juillet je fonce en Bretagne rejoindre mes parents au camping. Ils découvrent que sous le casque du motard qui s'arrête près de leur caravane, c'est leur fille ! Et voilà, ça c'est fait. Je l'ai fait ! Pas facile pour eux, je les comprends maintenant. Merci maman et Pino de ne pas m'avoir dissuadé même si vous en aviez très envie... Reste mon mari qui n'a pas si bien pris la chose. Pour lui la moto c'est une affaire d'homme.... Et pour clore le chapitre il me supplie qu'on ait vite un bébé, qu'il en a très envie. Je fonds, je craque, je dis oui. Et voilà. 2 mois après je suis enceinte. Je revends ma moto. Terminé (pour l'instant).

1982 : Notre couple ne fonctionne plus. Nous nous séparons. Me voici seule avec mon fils de 3 ans. Attention aux sous... Pas facile... Pas de dépenses superflues.... Le nécessaire et c'est tout ! La moto est remisée quelque part dans un coin de mes pensées.

1985 : Mon fils va avoir 7 ans. Il est grand pour son âge. J'habite Suresnes et travaille a Paris. Mare du périph' bouché tous les jours. Marre de ne plus faire de moto depuis si longtemps.... Ma décision est prise.... Ca y est. Je m'y remets.... Mais suis obligée de vendre ma voiture; Je ne peux pas financer les 2. Mon fils a les jambes assez longues pour que ses pieds reposent sur les cale-pieds. Je vais chez Yamaha avenue de la Grande Armée et m'achète la 750 XJ. Ca y est ! Je m'y remets. Je tremble de joie et de trac les premiers kms. Elle est belle, confortable. Je vais chercher mon fils à l'école avec.... Il est content....

1989 : J'habite Rouen maintenant. Suis toujours seule avec mon fils et je viens de perdre mon emploi. Pas d'autre solution. Je dois vendre ma moto. Gros coup de cafard, mais je me résonne : C'est remplir le frigo ou faire de la moto.

1991 : Je n'y tiens plus. Ca va un peu mieux financièrement. Je m'achète une 350 XL Yamaha. Et une 2CV. Les suées que j'ai prises le matin pour démarrer au Kick ma 350. Un retour de kick malheureux et la cheville douloureuse pendant des mois. Donc achat de grosses bottes Sidi, juste pour la démarrer sans souffrir. Les copines et collègues se demandent comment je fais . C'est pas féminin, c'est pas confortable, tu peux pas te maquiller ou mettre des robes..... Le pire c'était : Tu es maman quand même, ne l'oublies pas..... Je voyais pas le rapport mais bon... Si être une bonne mère c'est rouler dans une voiture hyper confortable et se mettre en robe tous les jours, alors je suis pas une bonne mère....

1993 : Je dois revendre ma 350. Mon fils grandi, devient ado, ma priorité est sa scolarité et ses activités de loisir..... Je la revend en me disant que j'ai sans doute fait ce que j'avais à faire en moto. Que c'est bien. Que j'ai surement assouvi ma passion, que je n'ai pas à me plaindre.....

Et je n'en fait plus pendant 12 ans. Quand des motos me dépassent, ça me fait toujours un petit pincement. Mais je me dis qu'on ne peut pas être et avoir été.

2006 : Je rencontre un chéri et je découvre dans son garage une Yamaha 125. Dont il ne se sert jamais. Il n'a pas son permis et l'a rachetée à un copain parce que c'était une affaire. Il me propose de l'assurer pour que je m'en serve.... Et c'est reparti mon kiki ! Mais c'est une 125. Il me manque quelque chose, je le sens...

2010. Nous nous séparons et il reprend sa moto. Normal ! Je m'inscris sur un site de sorties, à pied, à vélo, en moto.... Et je vois que l'on peut s'inscrire comme passagère. Histoire d'y regouter je m'inscris. Et je rencontre une bande de joyeux motards, hommes et femmes, qui tous ont le besoin de partager des sorties avec d'autres.... Au bout de 3 sorties en passagère, je boue.... J'ai re-envie de piloter. Mais ça ne s'arrête donc jamais cette envie ????? Incroyable.. Je réfléchis. Mon fils est adulte, autonome, mes sous sont pour moi maintenant. Et pourquoi pas me refaire plaisir ?

Juin 2011 : Je m'achète une petite 500 CBF et je fais les sorties le week-end avec mes copains au guidon de "la mienne" !

Juin 2012 : Je revends ma 500 et je m'achète une 650 Bandit Suzuki....... Et voilà ! J'en suis là !

Et ce n'est peut -être pas fini...???...

J'ai toujours aimé la moto et j'ai aimé toutes les motos que j'ai eues. J'éprouve toujours autant de plaisir à piloter ma moto qu'aux premiers jours. La moto me fait du bien. Mon fils est content et fier que sa maman s'y soit remise. J'ai toujours été prudente et vigilente. Je le serai toujours. Je pense que pour une femme, la passion de la moto ne se commande pas. On l'a ou on l'a pas. Car cela demande quand même, parfois, un dépassement de soi. C'est pas forcément facile... Mais quand on veut on peut......

Marie-Ange,
Permis obtenu en 1978

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